Yetig de la nef monde
Un article de Science Officielle.
Jean-Louis et Doris Le May
Fleuve Noir Anticipation n° 611 (1974)
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Où se trouve l'apogée d'une civilisation humaine ? Personne ne peut apporter de réponse à une telle question. Il existera cependant toujours, dans les univers-îles, des êtres convaincus de leur appartenance à une race parvenue au sommet de la courbe de l'évolution et de la sagesse. Mais... s'il existait de nombreuses courbes, autant par exemple qu'il y eut, qu'il existe aujourd'hui, qu'il se présentera dans l'avenir, d'humanités mouvantes, seriez-vous capable en vous servant de certains concepts de base que vous croyez connaître, de choisir celle qui dépasse les autres en sagesse ? Tenez, essayez donc avec deux d'entre elles, seulement... |
Bon, autant vous le dire, vous pouvez essayer avec deux d'entre elles, ou trois, ou une seule, ou deux cent trente sept si ça chante, le texte précédent restera toujours aussi abscons et incompréhensible. En quelque sorte on comprend les mots, mais on ne comprend pas la phrase. C'est ça l'effet Le May. Pour résumer l'histoire narre le choc de deux civilisations, l'une basée sur les pouvoirs paranormaux (télépathie, télékinésie, lévitation, cristaux mauves, tout ça...), l'autre basée sur la technologie mais pas trop (ils sont télépathes aussi). Les paranormaux habitent sur des planètes en harmonie avec la nature et ils sont gentils et gouvernés par un conseil de vieux croulants et de vieilles croulantes en toges. On sent bien que ceux sont eux les gentils. Les autres vivent dans une nef spatiale qui voyage entre les étoiles et ils sont méchants. En réalité ils ne sont pas vraiment méchants parce que les auteurs sont sensés adopter un point de vue neutre et décrire en toute impartialité ce que pourrait donner une rencontre entre ces deux peuples, mais on sent bien quand-même que la technologie c'est MAL (c'est pour ça qu'ils sont un peu télépathes, parce qu'au fond d'eux-mêmes ils savent que c'est MAL et que la télépathie c'est un peu l'avenir et c'est GENTIL). Pour prendre contact, les technos font un transfert de personnalité dans une nana qui s'avère être un des gardiens de la planète des télépathes. Elle a un collègue qui s'avère être un mec et qui s'avère qu'il aimerait bien coucher avec la transférée parce que bon, c'est du Le May et que le sexe c'est cool. Surtout entre télépathes (fusion des esprits, tout ça). Ah, la nana transférée, elle s'appelle Yetig. Oui c'est ridicule, comme tous les noms sensés faire futuriste ou couleur locale dans les bouquins des Le May, mais c'est particulièrement gratiné (sans doute une allusion à une héroïne provençale quelconque). Le mec, il s'appelle Tenelic, et c'est ridicule aussi.
Le bouquin contient bon nombre de passages philosophiques de haute tenue, témoins du haut niveau intellectuel auquel sont parvenues ces deux civilisations, comme par exmple :
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Tu prouves à la fois que tu connais beaucoup et peu, Tenelic. |
ou encore :
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Le principe même de l'existence d'une arme est inconnu, autant que celui de la technique, ce qui n'est pas peu dire. |
En effet ce n'est pas peu dire, admettons-le. À la fin on apprend que les télépathes sont des vieux cons tout rabougris (mais quand-même, vivre dans la nature c'est cool). Les deux héros ne couchent pas ensemble parce que le mec est trop crétin pour comprendre que la fille est folle de son corps (et de son mental).
En fait l'intérêt principal de l'ouvrage réside dans la page finale, qui contient une publicité pour une future publication. Elle parle d'elle-même :
