Portula

Un article de Science Officielle.

Une symphonie d’un bleu lancinant et omniprésent, tel était le paysage qui se déroulait sous les yeux de Sprigel. Les affolantes arabesques bleu de Prusse des plantes enchevêtrées en un fouillis inextricable, mélangeant sans les froisser leurs rameaux de cuivre, offraient un spectacle inoubliable. Çà et là, sous les éclairs azurés de l’étoile à son zénith, resplendissaient les monceaux cristallins de métaux à l’état natif, allant du chrome au platine et du nickel au tantale. Des boursouflures merveilleusement colorées de dérivés du bore aux reflets mordorés, couvertes de boules vitreuses aux coloris chatoyants, formaient d’attrayants bosquets aux allures coralliennes. À travers cette végétation bigarrée serpentaient des ruisseaux pareils aux veines bleutées du lapis-lazuli dans un joyau précieux.
C’est au milieu de ce paysage déroutant, parmi les fumerolles s’élevant des bouches volcaniques ouvertes un peu partout, sur un sol tremblant de convulsions spasmodiques, que se dressaient les majestueux prismes clinorhombiques où se réfugiaient en un courant ininterrompu les Portuliens, infortunés habitants de cette planète.

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