Planète minérale
Un article de Science Officielle.
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D’immenses étendues d’un beau gris fer étincelant, des vastitudes marmoréennes, des horizons couleur de sang évoquant les basaltes et les prophyres, des montagnes aux tons azurés qui semblaient de turquoise, voilà ce qu’ils découvraient. Pourtant, à plusieurs reprises, ils furent attirés par l’aspect insolite de la surface planétaire, soit dans les plaines, soit sur les monts. Ils voyaient, au-dessous d’eux, une zone où les masses rocheuses, les unes d’un beau vert éclatant, les autres d’un gris accusé, se choquaient dans une apparence de silence et d’immobiblité qui était peut-être toute relative. Pendant ce temps, Coqdor avançait toujours en son étrange équipage. Ils se trouvaient dans une sorte de plaine au sol d’un minerai clair veiné de bleu et de noir, que les lunes faisaient briller curieusement. Des monts découpés se dressaient alentours, irisés sous les lunes, révélant de sombres écarlates et de chantants esmeraldins. |
On ne saurait railler la fierté légitime de l'auteur qui exhibe un vocabulaire suffisamment riche pour comprendre smaragdin et esmeraldin, des adjectifs qui seraient d'ailleurs synonymes si seulement le deuxième existait dans la langue française. Par contre, on peut noter qu'il n'a probablement pas bien lu les petites lignes de son guide des minéraux, où il aurait appris que l'ambre, qui est constitué de résine fossilisée, ne pourrait se former sur une planète purement minérale.
Quelques informations supplémentaires à propos de cette planète approximative dans l'article Température incertaine.
