Planète en péril
Un article de Science Officielle.
Jimmy Guieu
Plon (1982)
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Remanié par l'Auteur, ce roman est la vivante adaptation de l'ouvrage paru sous le même titre, en 1961 dans la Collection « Anticipation » des Éditions Fleuve Noir. |
Ce roman ne contient pas la moindre trace de personnage féminin, à la place il nous propose une tranche de camaraderie virile entre proto-Gilles Novak dans le mystère gelé de l'Antarctique. Et quel mystère ! Un groupe de savants se trouve confronté à la disparition de gigantesques masses de glace (un cylindre de 1000m de diamètre sur 2500m de profondeur) entraînant la destruction d'à peu près toutes les bases polaires. Incapables de comprendre ce mystère, les membres du groupe sont aspirés dans un puits géant et se retrouvent catapultés dans ce qui semble bien un lieu tout à fait différent. Coup de théâtre : les savants arrivent à la conclusion qu'ils sont sur une autre planète. Incompréhension et horreur ! Comment est-ce possible et qui a fait ça ? Suspense...
Bon ce sont des petits Gris qui ont fait le coup. D'ailleurs deux pages après les longues interrogations des savants sur qui/quoi/comment/pourquoi, on apprend que les voyages trans-dimensionnels sont monnaie courante et que les Tung Bhao (c'est le nom d'ambiance des petits Gris) étaient déjà connus des savants. On se demande bien pourquoi alors ils ont passé les 2/3 du roman à se poser des questions sur les divers mystères auxquels ils ont été confronté jusqu'à présent sans jamais envisager une seule seconde une intervention extra-terrestre... Mais alors, ce roman est-il une daube sans intérêt ? Et bien non, car sous couvert d'une histoire naïve et mal foutue comme rarement Jimmy Guieu nous en a servi, ce roman est un habile cours magistral de science et d'amitié entre vrais mecs.
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— Brrr ! Ces pin... Ces manchots me donnent froid dans le dos ! Quelle idée, à huit heures du matin, de jouer à piquer une tête dans cette eau glaciale ! — Ce n'est pas seulement un jeu, cher monsieur Sauvaire, c'est aussi et surtout une question de nourriture. Ces sympathiques palmipèdes doivent en effet plonger pour trouver leur pitance, généralement consituée par Euphosia superba, crustacé particulièrement apprécié des manchots, des phoques, des baleines et des rorquals, balénoptéridé, cétacé appartenant au sous-ordre des mysticètes. Le journaliste buvait du petit lait. |
Jacques Sauvaire, le journaliste, est une sorte de Gilles Novak du pauvre. Pitoyable au début, il en remontrera vite à tous ces savants par son dynamisme et son optimisme.
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— Essayons d'avancer sans nous servir de la torche, proposa le géophysicien. Nous allons nous encorder et marcher fort lentement afin de ne pas encourir de risques inutiles. Tenez, Christian, faites passer la corde nylon à Jacques. Jacques... Le reporter était sensible à ce témoignage d'amitié ; de cette amitiéforgée dans l'adversité, dans le danger, critères les plus sûrs où les valeurs humaines se dégagent et où, parallèlement, se révèlent les pleutres et les couards. |
Et non content de constituer un cours de sciences polaires, le roman n'hésite pas non plus à nous tenir au courant des toutes dernières recherches de pointe puisqu'après avoir dévoilé que les petits Gris ont recours à un translateur de matière, Jimmy Guieu nous précise dans une note de bas de page :
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L'étude du procédé de radiotransmission de la matière est activement menée aux USA par la firme William P. Lear Inc., qui a participé, au plan de l'électronique, à la construction des satellites artificiels. |
