Fallait-il tuer Dieu ?
Un article de Science Officielle.
Gilles Morris
Fleuve Noir anticipation n°1121 (1982)
| Grand, mince, bien pris dans un costume d’aussi bonne coupe que lui-même... |
Alors là, c’est de la pure arnaque à la couverture ! Non seulement il n’est jamais question d’une femme décapitée dans ce récit, mais en plus aucune représentation symbolique ne permet de rattacher l’illustration à l’histoire – et de toutes façons ce serait déjà du vol. Si l’on excepte la philosophie et les plasmoïdes, les seuls thèmes majeurs qui émergent de ce bouquin sont la femme et le pied. Vingt-quatre ans après les faits, parviendrons-nous à obtenir la tête du stagiaire ivre qui a interverti la couverture de Fallait-il tuer Dieu avec celle de La décoration murale pour tous ? Certainement pas. Nous ferions mieux de baisser les bras et de sublimer nos envies de sang dans des activités débilitantes comme le curling, la peinture de figurines Warhammer et le relevé de citations ridicules.
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La notion de sexe peut-elle être accessible à des êtres asexués ? Les femmes ont toujours le chic pour lancer ce genre de question. Mais n’est-ce pas ce qui fait partie de leur charme ? Ça, c’est la femme dans toute sa splendeur ! Capable d’accès de clairvoyance fulgurants, d’une acuité de jugement implacable, et butant sur l’analyse des conséquences ultérieures... – Étant ce que tu es, c'est-à-dire tout le contraire d’un assassin en puissance… tu m’as donné la preuve d’amour la plus extraordinaire qu’une femme puisse recevoir ! [...] c’est avec une effroyable sensation de vide au niveau de l’estomac que je comprends qu’il va nous être donné de nager, une fois de plus, dans une eau profonde et noire où nous n’aurons pas pied. Où ce ne sera pas le pied de barboter en mauvaise compagnie. Parlant de pied, il y en a vraiment qui se perdent. Le pied, quoi ! Se servir d’une forme de vie pour forger une arme de mort, il faut vraiment que l’humanité soit tombée bien bas... Le pied, ce coup des souhaits automatiquement réalisés par un génie tutélaire ! Il est évident qu’elle a sur moi de nombreux avantages : outre ceux qui gonflent son polo, celui de posséder une solide formation scientifique qui lui permet de discuter, avec le prof, sur un pied d’égalité. Je ne prends pas le mien à les regarder faire, mais on ne peut pas tout avoir... – Tu es une belle garce ! Tu as pris ton pied à me voir me morfondre ! L’homme et le plasmoïde ! Le pied, quoi ! |
On espère tous que Gilles Morris a remporté, en plus de son Howard bien mérité, le sandwich poulet-mayonnaise qu'il avait parié avec ses collègues de chez Fleuve Noir pour cette magnifique succession de petons redondants.
De la fougue, de la générosité et du style !
