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Trois "choses" vivantes, horribles à voir, s’avançaient vers le milieu du salon. Hautes de cinquante centimètres, longues de trente, perchées sur dix pattes filiformes, les choses vivantes marchaient lentement, en agitant leur corps cylindrique qui était lisse, mou, couleur jaune pâle avec des reflets moirés. À l’avant, comme à l’arrière, ces cylindres animés se terminaient par une écaille en cône. Berthold, Onikine et Viola riaient de bon cœur devant l’effroi de l’inspecteur.
– N’ayez crainte, monsieur Wildorf, dit la jeune fille, ces créatures sont aussi paisibles qu’inoffensives. Ce sont nos compagnons, des habitants originels de BE 111. Nous les appelons des "béliniens". Vous pouvez les caresser.
Elle montra l’exemple en passant ses doigts souples le long d’un des cylindres, qui ondula d’un air satisfait. Mais Wildorf dut faire un effort pour vaincre sa répugnance, et c’est avec gaucherie qu’il imita Viola. Le contact de ses doigts contre la tiédeur lisse du bélinien ne lui fut pas du tout agréable.
– Hé bien, buvons le thé, dit Berthold. Comme vous le voyez, Wildorf, ce vieux Fred Hoyle vait raison. L’univers est rempli de mondes habités par des créatures vivantes. Nos béliniens ne sont pas très beaux, j’en conviens, mais leur gentillesse leur vaut, à mon avis, une place de choix dans la catégorie des animaux. Quand nous sommes arrivés ici, ils nous ont adoptés d’emblée. Les hommes de la Terre n’en n’auraient sans doute pas fait autant si le contraire s’était passé !
Sur ces mots, l’ancien président vida sa tasse et se leva.
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